Rongeurs comme le loir : quelles précautions prendre ?

Le loir gris ( Glis glis ), petit mammifère nocturne, est un animal fascinant. Son régime alimentaire frugivore et insectivore ainsi que sa période d'hibernation prolongée (de 5 à 6 mois) le rendent relativement discret. Cependant, son installation dans les habitations peut engendrer des désagréments mineurs. Ce document présente des solutions pour gérer sa présence, en privilégiant des approches respectueuses de l'animal et de son environnement.

Nous examinerons les indices révélateurs de sa présence, les risques réels, et surtout, les solutions préventives et curatives pour une coexistence pacifique ou une résolution responsable de la situation.

Identifier la présence et les risques liés au loir

L’identification précoce de la présence d’un loir est cruciale pour une intervention efficace. La nature des nuisances, généralement peu importantes, doit être évaluée précisément pour choisir les actions les plus appropriées. Une approche respectueuse de la faune sauvage est prioritaire.

Signes de présence du loir

  • Déjections: Crottes noires et allongées, mesurant entre 8 et 12 mm.
  • Traces: Griffes sur les poutres, bois, ou murs, témoignant de leurs déplacements dans les combles.
  • Bruitages nocturnes: Grattements, bruits de course, petits cris, caractéristiques de leur activité nocturne.
  • Nids: Construits avec mousse, herbes sèches, plumes, souvent dans les combles, greniers ou cavités murales. La taille des nids peut varier de 20 à 30 cm de diamètre.
  • Dégâts mineurs: Petites dégradations sur l'isolation (laine de verre), principalement pour la construction du nid.

Évaluation des risques liés aux loirs

Les dégâts matériels causés par les loirs sont généralement minimes. Ils se limitent à de légères dégradations sur les isolants, la présence de quelques crottes ou de griffures. En ce qui concerne les risques sanitaires, ils sont très faibles. La transmission de maladies est exceptionnelle. Toutefois, une accumulation importante de déjections peut potentiellement attirer des parasites.

Il convient de dissiper certaines idées préconçues: les loirs ne sont pas des rongeurs excessivement voraces et ne menacent pas la structure d'une habitation. Une infestation importante est rare.

Identifier l'espèce de loir

Plusieurs espèces de loirs peuplent la France, leurs besoins et comportements présentant des nuances. L’identification précise de l’espèce permet d'adapter les solutions. Pour ce faire, il est conseillé de contacter une association de protection de la nature (comme la LPO) ou un spécialiste de la faune sauvage. Une photographie nette de l'animal peut être très utile à l'identification.

Prévenir l'installation des loirs

La prévention est primordiale pour éviter l’installation de loirs. Des mesures simples et efficaces réduisent considérablement les risques d’invasion. Un entretien régulier et un aménagement approprié de votre logement peuvent souvent suffire à dissuader ces animaux.

Sécuriser les accès

Il est essentiel de colmater méticuleusement toutes les fissures et ouvertures, aussi petites soient-elles, qui mènent aux combles, greniers et murs. Utilisez du mortier, de la laine de roche ou du mastic de qualité professionnelle pour assurer un scellement efficace et durable. Une inspection régulière des accès est recommandée pour identifier et traiter rapidement de nouvelles fissures. Pour les ouvertures nécessaires à la ventilation, l’installation de grilles fines et résistantes constitue une solution alternative empêchant l’accès des loirs tout en assurant une aération optimale. La plupart des interventions nécessitent l'expertise d'un professionnel qualifié. L'utilisation de 500 grammes de laine de roche par mètre carré est généralement recommandée pour une isolation optimale contre l'infiltration.

Gestion de l'environnement

Supprimez toutes les sources de nourriture potentielles. Conservez les graines, les fruits et les céréales dans des contenants hermétiques. Nettoyez régulièrement les combles et greniers pour éliminer toutes traces de nourriture ou d'accumulation de déchets. Un nettoyage approfondi, au minimum deux fois par an, permet d'éliminer les odeurs et de limiter l'attractivité de ces lieux pour les loirs. Le stockage des aliments pour animaux doit également être soigné: contenants hermétiques et nettoyés régulièrement sont impératifs. Une attention particulière doit être portée aux aliments laissés à l'extérieur, surtout pendant l'automne et l'hiver.

Protection des cultures

Pour les jardiniers et les agriculteurs, plusieurs solutions existent pour protéger les récoltes sans recours à des produits chimiques. Des clôtures, des filets ou des répulsifs naturels (odeurs fortes, plantes répulsives) peuvent s'avérer efficaces. Par exemple, la plantation de lavande, de menthe poivrée ou de romarin autour du jardin peut créer une barrière olfactive naturelle. Les grillages sont également une solution physique efficace, particulièrement pour les cultures basses. L'utilisation de répulsifs ultrasonores est possible, mais leur efficacité n'est pas toujours confirmée.

Gérer une présence de loirs: solutions respectueuses

Malgré les précautions, un loir peut s'installer. Il est alors essentiel d’intervenir de manière responsable et respectueuse de l’animal. Une intervention inappropriée expose à des sanctions légales.

Contacter un professionnel

Face à une présence avérée, l'intervention d'un professionnel est recommandée : naturaliste, éthologue ou entreprise spécialisée en gestion de la faune sauvage. Ces experts identifieront l’espèce, évalueront les risques et proposeront des solutions appropriées et légales. Il est primordial de privilégier des méthodes légales et respectueuses de l’animal et de son environnement. Des interventions maladroites risquent de mettre en danger le loir et d’encourir des sanctions administratives. Le coût d’une intervention professionnelle peut varier entre 200 et 500 euros selon la complexité de la situation.

Alternatives à la capture et l'élimination

La capture et l'élimination de loirs sont généralement réglementées, voire interdites, sauf danger avéré pour la santé publique. Des méthodes de dissuasion douce sont privilégiées. Des répulsifs sonores ou olfactifs peuvent être utilisés, mais leur efficacité est limitée et leur emploi doit respecter la législation. La patience est de mise : les loirs peuvent partir d'eux-mêmes si leur environnement devient moins attractif. Un entretien régulier des combles et la suppression des sources de nourriture peuvent inciter les loirs à trouver un autre habitat. Le nettoyage régulier, environ tous les 3 mois, des combles peut réduire l’attractivité du site pour ces animaux.

Relocation du loir

Dans des cas spécifiques et après autorisation des autorités compétentes (comme la DREAL), une relocation est envisageable. Cette opération doit être confiée à un professionnel qualifié, respectant strictement la législation sur la protection des espèces. La relocation s'effectue dans un habitat adapté, loin des habitations. La législation sur la capture et la relocation des loirs varie selon les régions. Il est impératif de se renseigner auprès des services compétents de la protection de la nature. Le coût d'une relocation peut varier considérablement, entre 300 et 800 euros selon la distance de déplacement et la complexité de l'opération. Un suivi post-relocation, environ 2 visites dans les 6 mois suivants, est souvent inclus dans le prix.

Une cohabitation harmonieuse avec la faune sauvage requiert une compréhension approfondie des espèces et un engagement envers leur protection. Une approche respectueuse de la biodiversité est essentielle pour assurer un équilibre durable entre l'homme et la nature.